Accident temporel – Louis Thirion

Sanders retrouve son collègue ingénieur bloqué depuis quarante ans dans une société médiévale deux mille ans dans l’avenir. Le vieil homme a mis à profit tout ce temps et les ressources disponibles pour construire une unité de transfert rudimentaire et après sa mort soudaine lors d’une attaque de pillards, Sanders utilise le dispositif en compagnie de l’autochtone Brusk pour aboutir sur une terre dévastée.
Cette histoire de voyages dans le temps mise sur l’aventure et l’action dans un contexte post-apocalyptique visité aux commandes d’un tank atomique assurant la survie de son équipage parmi une faune surréaliste de fourmis géantes, de rats mutants et de chats-tigres. Derrière cette menace concrète s’exprime une adversité plus abstraite dans un enchevêtrement au minimalisme conceptuel géométrique de lignes lumineuses dans le ciel et de dômes de force scintillants. La rencontre avec la jeune Maéva permet de former un trio de personnages unifiant les connaissances sur les trois occurrences de l’espace-temps traversées par Sanders et d’intégrer la présence belliqueuse des Dinsk/Dinos qui sortent des dômes et réduisent les derniers humains en esclavage et des lentilles globules protoplasmiques. Ce récit, au-delà de la guerre menée contre les reptiles humanoïdes, reste ouvert grâce à l’aptitude de Maéva à manipuler la cohérence du flux temporel par le biais de son fluocodeur trouvé dans une épave de vaisseau et à la multiplication des zones d’ombre et des ellipses ménagées par Louis Thirion exprimant avec radicalité la nature relativiste de son roman.

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