
Les pionniers d’une mission de terraformation de Mars menée par Mlle l’ingénieur en chef Gladys Vivarais sont confrontés à des apparitions sur le terrain de chevaliers armés d’épées de feu et les autorités terriennes décident de dépêcher Bruno Coqdor le chevalier de la Terre à la suite de la disparition de Franz Lafor avalé par une nuée blanche au comportement étrange sous les yeux de son collègue Dimitri Borof. A l’arrivée de Coqdor, Franz réapparait comme possédé aux commandes d’un bulldolazer, dévastant sans pitié le village des pionniers, pris en chasse par Dimitri, Gladys et Coqdor accompagné de Râx son fidèle pstôr, un gros bouledogue aux grandes ailes de chiroptère.
Étant la trente-septième et avant-dernière aventure de Bruno Coqdor, son personnage ne bénéficie pas d’une caractérisation graduellement construite, directement présenté comme le meilleur psychologue connu pourvu d’une intelligence sans égal et de facultés médiumniques hors du commun, son acolyte Râx reste accessoire et transparent alors que, sans aucune circonstance atténuante, l’unique personnage féminin demeure caché derrière une froideur et un rationalisme pragmatique à peine fissurés. L’aspect science-fictif truffé d’inepties, des inévitables canaux martiens aux déambulations sans scaphandre spatial parmi des flaques d’eau et des forêts de végétaux minéralisés, s’efface devant le côté prégnant d’aventure et, seule qualité objective du roman, une action qui ne faiblit pas. Malgré tout, la qualité littéraire est médiocre, polluée par des incessants rappels de ce qui vient de se passer et une collection de cosmotrucs et de psychomachins aussi amusants que puérils pour faire avancer cette histoire de Martiens déployant une prison de mirages à base d’émissions ondioniques pour contrecarrer la colonisation d’une planète qu’ils n’occupent même pas. Le comble de l’incohérence et du recours intempestif à une éthique variable se révèle au travers des expériences de torture permettant d’aiguiser la sensibilité aux manipulations psychiques, idée considérée dans son récit par Maurice Limat lui-même comme bizarre, illustration d’un imaginaire débridé et anarchique.