
Matthieu Garden lors de sa soirée d’adieu à son domicile parisien avant de partir sur la banquise filmer un documentaire sur son expédition de survie, apprend par la gendarmerie locale que sa mère Magda s’est suicidée d’une balle dans la tête dans sa voiture sur un chemin près d’une bourgade de Lozère. Il se rend à Mende pour la procédure, s’installe dans un hôtel de Côte-Tombeau, commune où s’est déroulé le drame, et reçoit l’appel d’un mystérieux inconnu lui révélant que la mort de sa mère est un meurtre. De retour à Villeneuve-sur-Bel pour les obsèques, il retrouve quinze ans plus tard sa cousine Nadia et l’héberge pour devenir témoin du cambriolage du bureau de Magda et de l’appel d’un nouvel inconnu donnant rendez-vous à Matt dans un village voisin.
Ce thriller invoquant la tradition de la bande dessinée des années 60 prend la forme nébuleuse d’une conspiration autour du héros harcelé par des pratiques de barbouzes, filatures et menaces anonymes, jusqu’à la rencontre avec un homme chargé de guider Matt auprès de son père Gildas, disparu dans la forêt amazonienne vingt-cinq ans plus tôt, et l’irruption de malfrats qui les canardent et blessent l’émissaire se faisant appeler Alex, unique véritable scène d’action du livre avant la scène finale. Pourtant édité dans la collection Aventures et Mystères chez Fleuve Noir, l’aventure pas du tout exotique réside dans des allers-retours mutiques sur la route entre plusieurs départements français et le mystère sur l’identité d’Alex n’est pas imprévisible, plus prometteur concernant les activités de Gildas en partie révélées dans le dénouement. Le récit repose sur la thématique emblématique dans l’œuvre de Pierre Pelot du complot international, complétée par la présence muette des gitans et l’omniprésence des chats imperturbables, formant ce qui reste une longue introduction à ce qui est annoncé comme une quête sur les traces des Templiers, d’exploration d’une Terre creuse renfermant les arcanes christiques et les révélations sur un universalisme religieux.