
Andrew Hill se réveille dans une chambre d’hôpital et le docteur Strombelly lui déclare qu’il sort d’un coma de trois mois après un accident de la route qui a couté la vie de Loriana Duhinn sa future femme. Après huit jours de convalescence il décide de prendre la fuite.
Ce dernier tome est la suite directe du précédent tout en retrouvant l’aspect thriller, encore plus psychologique et dénué d’action, reposant sur les doutes de sa mémoire embrouillée à propos de la réalité de cet accident de la circulation et le fait qu’il retrouve ses vêtements intacts et son corps parfaitement indemne le pousse dans les bras de la paranoïa. Face aux manipulations habituelles de la multinationale Emeric and Co, l’histoire lui oppose une Agence de police d’État, indépendante et au service des citoyens mais pourvue de moyens dérisoires en comparaison, par l’intermédiaire de du jeune enquêteur Matt Monroe qu’Andrew Hill engage. Les passagers du mirage et Les conquérants immobiles forment un diptyque à l’intérieur du cycle tellement ils sont liés à rebours, le dernier tome mettant en lumière l’arc narratif volontairement flou dans le troisième concernant Andrew Hill et sa période de flottement inconscient en parallèle du Projet Voyageur Spatial, révélant aussi rétrospectivement des indices semés pendant l’expédition sur Lanios. La révélation à propos de ce tome précédent apparait page 159 et dévoile tout le stratagème de Pierre Pelot dans son récit qui consistait à octroyer une importance démesurée à Andrew Hill et à cultiver la confusion jusqu’à pousser l’extrapolation et induire en erreur avec malice sur son rôle véritable, afin de tout détricoter plus tard et d’expliquer vraiment le déroulement du Projet Voyageur Spatial. La conclusion de cette série de romans montre bien la subtilité narrative et la manigance jubilatoire de l’auteur dans sa création de quatre visions complémentaires d’une société dystopique qui écrase ses personnages et tout espoir, dans un ensemble de pièces qui s’imbriquent et sont propices aux flashbacks consolidant ou révisant l’appréhension du lectorat soumis à un maelström de faux-semblants et de mises en abyme.