
Francis Valéry se rend à un rendez-vous avec son éditeur Gilles Dumay chez Denoël pour lui présenter un projet de livre, mais juste avant d’arriver à destination une déflagration l’en empêche. Jean-Hubert de la Thibaudière se rend à un rendez-vous avec son directeur littéraire Gilles Dumaysberg aux éditions Steele & Rubinstein pour renouveler sa production destinée à la jeunesse et il découvre que son existence n’est qu’une émanation parmi d’autres d’un Auteur, un pseudonyme devenu un Alter Ego.
Sous la forme d’un polar rythmé, le roman dès son ouverture se présente comme une mise en abyme sur la création artistique, un rêve dans un rêve qui prend la teinte d’un cauchemar surréaliste, Gilles Dumaysberg et son Assistante puis les différentes incarnations de l’Auteur sont assassinés à la manière des œuvres, Agent X avec son action violente et complotiste, Ange-Louis Léonardini avec ses polars classiques et Vanessa Ardeur avec ses récits pornographiques. L’enquête ontologique dans la métafiction est entrecoupée d’intermèdes, appelés Coma : plongées libres, qui tiennent la fonction d’évocations autobiographiques grivoises se rapprochant de la démarche de Jean-Pierre Andrevon, initiée par Tout à la main et Blanche est la couleur des rêves, explorant les souvenirs d’aventures sexuelles comme des jalons introspectifs. La dimension métaphysique contamine la narration, à la fois dans l’expression de la mémoire et dans la fluctuation matérielle du monde simulacre par une gradation qui mène à une dernière partie culminant au travers d’une science fiction euphorique. Dans un mélange des genres et des formes littéraires, le texte présente des facettes multiples qui se répondent dans un chaos apparent pourtant structuré en plusieurs niveaux de réalité recelant les affres de l’écriture, de la schizophrénie créatrice à la frénésie cosmogonique qui donne du sens à une identité diluée dans un théâtre existentiel forcément grandiloquent par un humour excentrique.