
Julien est passé en cinquième au collège, contrairement à Rachid, et se retrouve en classe à côté de Kofi qui est plus vieux que lui et toujours aussi mutique. Julien a moins de problèmes d’asthme et s’intègre mieux en sympathisant avec Ludo et Merzouk, des potes de Kofi, et en participant aux répétitions d’un spectacle à la maison de quartier dont le rôle principal féminin est tenu par Chafia. Mais l’ambiance est pesante, des jeunes disparaissent sans explication et des rumeurs se propagent à propos d’une voiture imposante qui circule la nuit en émettant une vive lumière bleue.
Étant la suite directe de Le parking mystérieux, la comparaison s’impose, le nombre de personnages est beaucoup plus important, le récit à l’image de Julien est beaucoup moins introspectif et présente une enquête collective basée sur des faits et une camaraderie qui se construit, l’action est autrement intense car concrète. Le verlan est encore plus présent par la multiplication des dialogues entre jeunes du quartier mais Jean-Pierre Andrevon a la bonne idée de faire grandir son héros et de rendre son histoire plus mature avec un apprentissage sentimental, la confrontation avec des cadavres et même deux fusillades. Dans la dernière partie et la résolution d’angoisse divertissante, un hommage est rendu au vieux fantastique science-fictif basé sur l’invasion ponctuelle de prédateurs terrifiants, les vampires qui dessèchent les corps humains étant des extra-terrestres. Alors que Le parking mystérieux misait exclusivement sur la puissance cosmogonique de l’imaginaire et une poésie oniriques soutenues par une éthique, Kofi et les buveurs de vie s’ancre dans une réalité commune et cruelle qui aboutit à une situation surmontée sans vraiment apporter de sens sinon celui de la nécessité de lutter ensemble contre l’adversité irrationnelle, dans une narration plus équilibrée et plus classique mais moins portée sur le merveilleux et l’évasion.