
De retour de vacances à bord du voilier de Matilda accompagnée par Pedro son petit ami et Maria-Luisa sa meilleure amie, les trois étudiants ramassent en chemin Popuna une fille de pêcheur et rentrent au quartier huppé de San-Juan où ils rencontrent deux jeunes coopérants du service culturel de l’ambassade française surnommés Tignasse et 26000 et fraichement débarqués dans la capitale en proie à des évènements mortifères, collapsus viscéraux spontanés et explosions thoraciques inopinées.
L’anticléricalisme inaugural découlant d’un matérialisme cynique, l’hypersexualisation, le langage très familier, la mise en abyme dans la connivence avec le lectorat, les descriptions mécaniques de l’horreur biologique, l’action syncopée faite d’accélérations narratives épileptiques, les personnages caricaturaux et passagers, les protagonistes principaux sans trop de recul sur l’histoire, l’amour immodéré du trash gratuit et de la scatologie s’inscrivent dans le cahier des charges et constituent un texte prévu pour une publication en 1990, à remettre dans le contexte de l’époque, à comprendre et ne pas juger suivant des critères contemporains, ce qui n’excuse pas une absence de raffinement intellectuel et d’ambition littéraire dont Fétidus n’est absolument pas dupe en l’exprimant au cœur même du récit dans une distanciation créatrice amorale et puérile. Sans être le plus mauvais des volumes de la collection, il est très loin des meilleurs qui sont devenus des monuments du genre, et pourtant la première moitié du livre fonctionne bien, avant la tentative d’explication magique remplacée par un rebondissement science-fictif qui lance une surenchère sans limite semblant bâclée, dans une répugnance plus ridicule que terrifiante, démarche jubilatoire et assumée pour l’auteur qui ne peut pas être taxée d’opportunisme mercantile mais doit être considérée comme la continuité ressuscitée de cette collection que souligne en clin d’œil la géniale publicité en quatrième de couverture.