Incendie d’août – Jean-Pierre Andrevon

François Valmont en vacances chez sa mère reçoit une lettre d’invitation pour quelques jours chez Xavier Franceschini un vieil ami et sa femme Marianne.
Cette histoire à la première personne coule doucement dans une veine fantastique très psychologique, dans l’étuve du cerveau d’un protagoniste coureur de jupons, harcelé par ses souvenirs incertains et des impressions fugaces de déjà-vu dans une confusion oppressante. Dans un vrai maelström, l’action est presque inexistante, les quelques personnages sont intermittents, le trouble perceptif de François est synesthésique entre les rires de femmes à l’odeur intime entêtante, les miaulements d’un chat roux comme les flammes qui courent et les crissements de pneus de bolides affolés. Les fantasmes de Jean-Pierre Andrevon sont bien présents, le mélange autobiographique et romanesque est similaire à Blanche est la couleur des rêves, il joue avec le symbolisme freudien et avec la culpabilité de coucher avec la femme d’un vieil ami, les cauchemars sont un point d’entrée vers l’horreur passée qui infeste et voile la réalité d’une nappe de fumée, la maison du 37 allée des Peupliers se projette dans celle du 17 allée des Templiers, Marianne Franceschini dans Muriel Frank par un jeu de miroir révélateur qui, à défaut d’une circularité parfaite, implique une forme d’ubiquité traumatique et une causalité inversée, rappelant David Lynch, par une solide construction du récit, la prédominance de la dissociation et de l’amnésie momentanément salvatrice, les répétitions archétypales et les variations chromatiques, l’irréversibilité du destin et les apparitions-éclairs terrifiantes. Fire walk with me.

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