
Louise est âgée de 72 ans, internée en hôpital psychiatrique et assistant à son procès dans son tribunal mental.
Ce théâtre surréaliste se construit autour de la solitude d’une femme qui a perdu son chien Mirza dans un accident de la circulation et se nourrit du défilé carnavalesque des personnages grandiloquents gravitant auprès d’elle. L’éloge des canidés, leur sincérité et leur dévouement inconditionné totalement à l’opposé des humains poussent Louise, pour combler l’absence de son petit compagnon, à recueillir Hans le fils martyre de la voisine et faux travelo Glamour Oumloukoum qui vit enfermé dans un placard et se prend pour un chien puis Kamikaze le clébard battu par son maitre Claude-le-clodo. A défaut de prouver une supériorité canine, ce texte révèle une infériorité humaine dans l’avilissement et la brutalité, l’égocentrisme et l’absence d’empathie envers des êtres plus faibles, l’appât du gain et la fierté usurpée. C’est bien le procès de l’humanité qui se déroule, de l’impossible vie en société et des tragédies personnelles qui ne doivent rien au hasard ou à la destinée. L’aberration est incarnée par Hans le trait d’union entre les deux espèces qui partage la condition funeste de Mirza et de Kamikaze, coincé entre nature et civilisation par une expérience de philosophie antique à la recherche de la lumière, dans un roman sombre malgré une ambiance de fête foraine à la limite de la folie douce.