
Florelsa, Jémaël et Solann sont des Chantres de Terra, une unité polyandrique de musiciens engagés pour une représentation devant le Régent de Zhyl dans la Bordure galactique. En chemin, une avarie les déroute sur Sargide au centre du système de Procyon.
Ce space opera géopolitique confronte les émissaires de Terra, planète-mère de l’Humanité coupée de ses colonies passées et jouissant d’un prestige tout relatif depuis son évolution vers une philosophie pacifiste et le rejet d’un capitalisme extractiviste, à un conflit qui oppose l’appétit totalitariste de Procyon et la voracité sauvage de la Bordure. Le trio de Terriens devient un enjeu par sa maitrise de la musique hypnotique destinée à propager par l’émotion un message positif et universaliste mais que les belligérants souhaitent détourner pour manipuler les masses et servir leurs intérêts. Ce contexte permet d’installer une tension et de déployer une action entre prise en otage, évasion, faux-semblants et course-poursuite. Les idées prennent le pas sur les personnages et la profondeur sur le divertissement dans une richesse exemplaire pour un premier roman, à l’échelle de l’espèce en ménageant un mystère conservé par le Régent de Zhyl et révélé sur la planète géante dans l’hyperespace, transcendant le continuum et l’individualité. La quête est métaphysique depuis le début, la galaxie est une marmite, l’espace est clos par la Bordure au-delà de laquelle les mondes rejettent la vie et l’écoulement du temps mène à l’effondrement ou à la vaporisation des civilisations dans une sorte de mécanisme naturel aux implications comme divines identifiant l’éloignement du berceau à la raréfaction du principe vital, verrou structurel à crocheter.