
Après une guerre mondiale, de mystérieux vaisseaux extra-terrestres apparaissent dans le ciel et bombardent les centres de responsabilité des humains pour les neutraliser, créant ainsi des zones ceintes par des barrières concentriques de rayonnement Z et protégées par des sentinelles.
Ce récit d’anticipation dystopique adopte une double approche, d’abord de l’intérieur avec l’infiltration post-apocalyptique de Jack et Phil dans le secret des terres irradiées et ses conséquences psychoactives sur les humains, puis de l’extérieur avec l’enquête et le dévoilement d’un trafic d’œuvres d’art d’inspiration extra-terrestre que mènent Laura une critique d’art et Roderic un galeriste. Parallèlement un trio patibulaire se lance sur les traces de cette manne et les artistes de cette Nouvelle Vague, apportant une couche supplémentaire d’action en-dehors des cercles de l’enfer dantesque. Dès le début du roman, l’ambiance est étouffante dans le véhicule confiné, situation devenue classique depuis Route 666 (Les culbuteurs de l’enfer) de Roger Zelazny mais enrichie par l’ombre des motivations inaccessibles des aliens, les crises en conséquence chez les hommes écorchés dans un mélange de prescience morbide et de créativité suicidaire, et la double narration des explorateurs des terres hallucinées permet vraiment d’approfondir les personnages de Jack et de Phil et leur relation mouvementée jusqu’au bout. Autour de cette histoire nerveuse plane une influence indirecte qui circonscrit les individus et les déchire dans une signification qui les dépasse, par des frontières imposées qui stigmatisent et poussent à transcender la souffrance pour exprimer un destin commun. Ce premier roman, révisé pour cette réédition, pose un univers personnel de noirceur et de violence dans laquelle se débattent des personnages subissant un contexte entropique et morcelé de destinée subie aux échos religieux exprimés par l’Art dans une catharsis et un élan subjectif pour échapper à un enfermement concret en vue d’une libération incertaine.