La ballade de la balle élastique – Stephen King

Dans La ballade de la balle élastique, un éditeur raconte sa découverte d’une nouvelle à publier et de son auteur qu’il accompagne dans son délire paranoïaque à l’issue funeste. La mise en abyme du métier d’écrivain, courante chez Stephen King, se dresse et s’impose pour illustrer ses questionnements sur la réalité et la créativité, sur la folie et les littératures de l’imaginaire. Deux des thèmes les plus importants de l’ensemble de son œuvre sont développés, la caractérisation des angoisses au travers d’une entité fantasmagorique et la propagation d’une énergie mentale qui voyage dans des réseaux et rayonne dans des sursauts électromagnétiques, un rayonnement de réceptacles, un peu comme chez David Lynch dans Twin Peaks, fire walk with me. La paranoïa nourrit et construit un nœud évènementiel qui enclenche la balle élastique, la rend dure et concrète, et le petit garçon simplet est juste un lecteur assidu des pulps et d’Edmond Hamilton, et puis cette littérature (fantastique, science fiction et fantasy) qui a happé Stephen King est semblable à une maladie transmissible ouvrant sur d’autres mondes, comme dans le mythe lovecraftien.
Dans L’homme qui refusait de serrer la main, un groupe d’amis accueillent un homme qu’ils ne connaissent pas et qui fuit tout contact physique pour une partie de poker. Le ton plutôt humoristique de la nouvelle est dilué progressivement par l’exposition du passé du nouveau joueur solitaire et dévoré par une culpabilité dont la source se situe entre psychologie et croyances magiques. La paranoïa se propage et enchâsse le suicide dans un écrin d’immortalité par le recul de la narration.
Les deux nouvelles, tirées du recueil Brume – La Faucheuse, partagent sous la forme de témoignages un même paysage thématique, une mise en perspective de la création littéraire et l’altération de la réalité par l’imaginaire, possibilité d’un monde fantastique angoissant.

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