
A sa mort, Hannibal Karth transmet à sa fille, à sa petite-nièce Mélissa et à ses deux petits-neveux Detlev et Nolte, son domaine de Karthago sur la planète Herbst habitée par les Swanéés, un mystérieux peuple indigène.
L’introduction permet de présenter le contexte un peu complexe de l’héritage pour très rapidement s’engouffrer dans une fantasy de découverte d’une civilisation exotique aux apparences primitives, espèce humanoïde ovipare dotée d’une clairvoyance confinant à la télépathie et organisée en une société à visée utopiste. La tension provient de la menace de Jeremy Talbot qui sabote l’activité du domaine pour se l’approprier et le récit se développe autour des interactions entre les protagonistes citadins et avec ce peuple qui reste énigmatique, confrontation avec une sincérité et une liberté naïve, allant jusqu’à la polygamie. Comme en réponse à une science fiction sexiste, Jacqueline H. Osterrath insiste dès le début sur le personnage de Fabian Gennari le mari toxique de Mélissa et ajoute vite son équivalent tout aussi égocentrique par l’intermédiaire du personnage de Clio la femme de Detlev, montrant bien que les relations d’amours et de respect sont subtiles, au-delà des caricatures habituelles, poussant loin l’étrangeté sur le terrain de l’éthique. Ces aventures mouvementées se déroulent cependant dans une bonne humeur comme une critique poétique et sensible de l’ethnocentrisme et de l’aveuglement humain dans son éducation et son système de valeur. Ce roman est un message d’unité dans la diversité en faveur d’un mélange culturel et génétique synonyme d’enrichissement, pour surmonter en l’occurrence la société devenue belliqueuse et esclavagiste ou sclérosée et intrusive.
Dans Gracié de Clark Dalton, Eri découvre la biologine, une substance qui permet d’atteindre l’immortalité. Cette nouvelle à chute de science fiction allemande développe une ambiance sombre et paranoïaque qui explore le thème de la fidélité en amitié avec une ironie mordante.