Le souffle du cyclone – Walter Jon Williams

Etienne Njagi Steward est un clone, copie dénuée de la mémoire de la dernière partie de la vie de son original, de sa participation à une guerre acharnée sur Sheol pour piller la planète de ses artefacts extra-terrestres, carnage interrompu par le retour des Puissances aliens. Steward part donc sur les traces de son avenir passé, à l’aide d’un message qu’il s’est envoyé avant de mourir et le témoignage de Griffith son ancien coéquipier dans les Faucons de Glace de la Lumière Cohérente, rescapé de la Guerre des Objets sur Sheol.
La civilisation humaine a changé, noyautée en communautés idéologiques renfermées, projection plausible du contexte de Câblé. Mais c’est dans l’espace que se trouvent les réponses et Steward se fait engager comme mécanicien de propulsion sur un cargo à destination de Vesta. Durant ce voyage galactique la connexion entre humain et véhicule est très technique, protocolaire, et dans l’ensemble l’action est intermittente cédant la place à la manipulation et l’espionnage dans cette ouverture spatiale centripète, dans une aventure presque dénuée de noirceur, rejoignant une tradition du space opera par la quête d’identité du héros sur les traces de son Alpha dans une ambiance de thriller et de polar assez loufoque et jubilatoire, à l’image de sa galerie de personnages. Tout le potentiel du cyberpunk s’insinue dans l’infiltration préparée et façonne la civilisation humaine dans ses modifications transhumanistes, les travaux génétiques et le transfert de l’esprit qui renvoient à la nouvelle Perspective érogène, conservant le questionnement sur l’amoralité comme un héritage de Route 666 (Les culbuteurs de l’enfer) de Roger Zelazny et de Câblé. Une tempête tumultueuse porte Steward vers son destin, la réitération d’une trajectoire nécessaire, la compréhension zen d’un possible non réalisé qui mène à la résolution du cyclone évènementiel.

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