
Markson est un producteur de cinéma qui constitue une équipe de tournage pour la première expédition habitée vers Mars à bord de la Mary Poppins, un vaisseau en attente depuis la Grande Dépression et le démantèlement des appareils étatiques ; Bass l’ancien astronaute américain, Kirov une pilote russe, le docteur Jeffries, Glamour un nain farfelu pour filmer, Cary Fonda-Fox et Beverly Glenn les deux têtes d’affiche génétiquement façonnées, Bienvenue une adolescente passager clandestin et Achab le chat.
Le récit débute un peu comme la préparation d’un space opera en développant bien les personnages parallèlement au contexte de la Terre polluée et dominée par des groupes privés. L’organisation de l’expédition imprime un rythme soutenu, pressée par des querelles juridiques et un humour guilleret s’installe qui ne cessera jamais. La seconde partie se réalise en odyssée spatiale d’un futur assez proche, dans le huis-clos d’un long voyage risqué pour un équipage qui ne communique avec la Terre qu’avec un long décalage dû à la distance, qui navigue suivant les vieilles techniques de l’aviation et les débuts de l’astronautique, conférant un aspect documentaire par l’exigence des descriptions scientifiques qui ralentissent forcément un récit de peu d’action mais garantissent un réalisme hors du commun. Les observations de Mars sont détaillées et la troisième partie se déroule à sa surface pour le tournage du film, expérience inédite dans toute l’histoire de l’humanité. Ce roman à haute teneur scientifique rejoint la grande tradition du divertissement cosmique avec une belle galerie de caractères et des bonnes idées à l’image du Démogorgon, caméra se nourrissant des prises de vue et capable de composer à l’envi de la réalité, principe de l’IA générative, l’occasion d’épingler les milieux de la science et du cinéma.