
Un jeune garçon observe par sa fenêtre la rue et ses passants.
Cette histoire est essentiellement visuelle, soutenue par les pensées succinctes du reclus à propos d’un virus qui se propage parmi la foule anonyme d’une étrangeté à la fois banale et inquiétante, les scènes du quotidien commencent à se tacher de rouge et d’ocre pour rompre avec le noir et blanc ombreux. Ensuite, avec le verso du dépliant, débute la vision macabre des zombies avides dans des séquences et des arrière-plans plus agressifs jusqu’au gore. Cette symétrie axiale du récit prouve que rien n’a changé, comme le répète le narrateur, la nature humaine se complait dans la consommation effrénée et irréfléchie, un égocentrisme aveugle et une vacuité existentielle. Le glissement et la propagation forment une gradation, un retournement d’une face à l’autre et une mutation visuelle entre les deux longues frises évènementielles qui s’étirent sans disruption. Édité en 2020, la contemporanéité de cet objet de grande qualité et de belle facture avec la période de pandémie de Covid peut expliquer le sentiment de solipsisme et l’expression du désarroi psychologique à travers la vision individuelle et toute relative d’un monde devenu périlleux et menaçant.