Poids mort – Xavier Mauméjean

Paul Châtel mène une vie morne avec une femme qui l’étouffe au quotidien, un enfant et un boulot sans perspective. Rencontré par hasard, Hervé Lignac un ancien camarade du lycée lui conseille de se rendre au siège de Taxinom, entreprise qui met en place des études sur des groupes significatifs d’individus. Pour devenir une autre personne, il est convaincu de participer au programme Pondération et rencontre Brigitte son binôme dans la prise de poids.
L’ambiance est doucement inquiétante autour de cette organisation qui manipule tout le monde, comme une secte gérée à distance aux motivations absconses découlant de théories psychologiques sur un déterminisme transcendantal. Le mystère est lentement cultivé, déployé en l’absence d’action pour former une sorte de métaphore de l’américanisation des esprits dans une anticipation dystopique sans réelle indication d’époque qui concrétise l’humour glaçant du récit par une fin d’une implacable ironie, pour briser une platitude assumée et nécessaire à la mise en place d’une atmosphère de menace sourde et de confusion, pour la faire finalement entrer dans ce qui s’apparente à un genre aux caractéristiques proches du fantastique caustique.

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