Dimension quatre ! (La loi du temps) – Piet Legay

Christian Quemeneur, marin et scientifique, emmène Pierrick Marlin, passionné de photographie, et accompagnés par Aïmata Oa Tua, sur une ile du Pacifique. En pleine nuit, ils assistent à une cérémonie de sacrifice humain.
Le triple récit fantastique repose sur la divination magique polynésienne et sa résurgence, l’intérêt occulte de ce peuple et son ancienneté participent à l’ambiance paranoïaque étouffante, comme un hommage à Lovecraft. A la moitié du livre, une soudaine bifurcation advient lors du passage du trio dans une autre dimension et cette entrée surnaturelle dans un monde inconnu correspond à une fantasy d’aventure et ethnologique par la découverte d’une société qui confond matriarcat et libertinage de réclusion, qui est fondée sur des lois racistes. Une touche de science fiction apparait subitement avec la présence d’une épave de vaisseau extra-terrestre, l’antigravité, un système d’univers gigognes et la télépathie. L’histoire pleine d’action et de rebondissements, de rapts et de chasses à l’homme, part dans tous les sens, et dans des directions surprenantes à la limite du loufoque, alors que l’idée de l’atavisme mystérieux du peuple maori est clairement prise au sérieux, explorant les légendes cosmogoniques et les traditions magiques. Le vernis masculiniste est léger pour l’époque, négligeable en face des messages délivrés sur la xénophobie et la violence, un véritable intérêt pour la culture polynésienne. Pourtant Aïmata disparait sans explication, Christian et Pierrick sont des personnages victimes de l’injustice et Piet Legay pousse l’ironie jusqu’à embrasser les thématiques lovecraftiennes de l’insignifiance de l’homme et du contact fatal avec des entités supérieures, assurant la noirceur de l’ensemble plutôt bancal.

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