Noir Roussillon

Dans Tu n’as rien vu à Collioure de Jérôme Leroy, Alain Marcillac est un ancien enseignant et un écrivain raté qui a produit quelques romans trash et gore avant de sombrer dans l’alcoolisme et la sécheresse de l’inspiration, quitté par sa femme. Cette mise en abyme littéraire est cauchemardesque, posant dans une ambiance délétère la question de façon irrationnelle de la responsabilité des auteurs, expression de la crainte de propager un poison.
Dans Tramontane à Rivesaltes de Francis Pornon, une jeune femme est kidnappée puis séquestrée dans un baraquement en ruine du Camp Joffre par un toxicomane. Cette région est un sol d’accueil et cette terre engloutit jusqu’à la pire des manifestations de l’entropie.
Dans Post-mortem de Gilbert Gallerne, les neveux du vieux Léon discutent juste avant l’enterrement de l’héritage inespéré qu’il leur laisse. Cette nouvelle souligne le décalage des générations d’une façon implacablement ironique.
Dans La dernière fanfare de Gildas Girodeau, Fernand Costes est chargé de l’enquête sur la découverte du cadavre torturé d’un homme politique de gauche en pleine élection présidentielle. Cette nouvelle désabusée anticipe l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite, avec une touche de gore.
Dans Crime presque parfait à L’Indépendant de Bernard Revel, l’inspecteur Barthès enquête sur le meurtre d’un documentaliste, dans une histoire assez classique de chantage et de guerre d’égos dans le milieu du journalisme bien connu de l’auteur.
Dans Pirate de Serguei Donnovetz, un chat de gouttière raconte dans un récit malicieux sa courte vie au contact des hommes capables du meilleur comme du pire.
Dans Le Bibliophile de Catherine Rabier-Darnaudet, une femme rencontre son vieux voisin qui vit dans une pièce emplie de livres. Cette nouvelle sublime les espoirs et les regrets, l’incidence matérielle de la lecture.
Dans Le Gypaète de Sauto de Daniel Hernandez, un détestable braconnier est retrouvé mort lors d’une battue, dans un conte montrant que la nature réagit à l’agression humaine.
Dans Flou de Guillaume Clavaud, Stephan Lakers est un photo reporter qui se fait poignarder en se rendant à la soirée de clôture d’un festival. Frédérique a trouvé dans la rue un carton d’invitation à cette soirée. Cette nouvelle est une illustration fatale de la pure guigne et de la misère sociale si banale.
Dans Le nœud du problème d’Eric Dardill, Marc Dubois reçoit George W. Bush dans son cabinet de chirurgie esthétique pour remédier à son problème de micropénis, dans une comédie entre réel et fiction, incrédulité et projections psychologiques.
Dans Tarifa, cinq heures de Michel-Julien Naudy, José Texeira est engagé à sa sortie de prison pour convoyer une valise d’argent sale par le train. Une poésie brute découle du besoin de libération et du poids du passé, dans une ambiance frénétique et oppressante.
Dans Last exit to Cosprons de François Darnaudet, un écrivain tombé par hasard sur un vieux compère qui a réussi dans le milieu. Ce témoignage présente l’homme véritable derrière la création d’un mythe personnel littéraire et médiatique.
Dans Ego de Gil Graff, une artiste peintre a perdu la flamme créatrice en épousant un galeriste ambitieux, dans une mise en abyme psychologique sur la création et la frustration.
Dans Passage de Philippe Salus, un médecin rejoint des amis à une soirée du nouvel an malgré une déception amoureuse.
Dans Le Rouge du Roussillon de Jean-Bernard Pouy, un homme plante un abricotier pour sa mère, avec un délicieux humour noir.

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