
Le docteur Vogler sort le corps de Jon Ricard de sa prison cryogénique après lui avoir implanté la personnalité fictive d’un Atlante, Matos Por Lingon qui réussit à s’enfuir en compagnie de l’infirmière Thomasina Hearne.
Le fond du roman est psychologique, incarné dans la schizophrénie qui voit les identités de l’ancien militaire américain et du médecin atlante cohabiter sous la pression du flic Nicklaus Berberini et de Cernícalo à la tête d’un trafic d’individus décongelés. Tributaire de la grande tradition des aventures par épisodes, le récit haletant a pour seule ambition le divertissement, par une action rythmée qui ne laisse que peu de place aux considérations scientifiques, enchainant les rebondissements dans une société post-apocalyptique sclérosée. Ce thriller se nourrit des problèmes d’identité, déploie les thèmes de l’esclavage et de la corruption, de la nostalgie et de l’enfermement, de la culpabilité et de l’aspect cyberpunk de la réalité de la conscience par une ontologie intégrant la manipulation et la simulation psychiques, et la dystopie réside dans une science sans éthique. Le texte est plus timide scientifiquement, malgré des apartés rapides sur la cryogénie et la neurobiologie, que Pour des soleils froids mais c’est contrebalancé par à la fois une agitation sombre et la légèreté nécessaire du héros qui doit bien avancer mais voit partout la nature humaine destructrice.