Pour des soleils froids – Jean-Louis Trudel

Chantal Martial est troisième pilote dans un vaisseau expérimental équipé d’un nouveau système de propulsion et elle parvient lors d’un vol d’essai à neutraliser un incident technique qui coute la vie d’une partie de l’équipage et de son compagnon Iain. Cette tragédie la replonge dans son ancienne vie militaire et son identité de lieutenante Astilanne, l’Armée Impériale la nomme dans une Commission chargée de statuer sur l’utilisation de la technologie à base d’anti-hélium qui a provoqué l’accident de propulsion.
Autour d’un point de départ épistémologique du récit sur une avancée technologique qui ancre le roman dans une vraie science fiction se développe un thriller géopolitique aux accents cyberpunk, avec des pressions, de la surveillance et de la manipulation, une crise d’identité pour l’héroïne solide partagée entre l’obéissance inculquée d’Astilanne et le désir de liberté de Chantal. L’histoire repose donc sur le système sociopolitique à l’échelle d’un Empire immense qui perd sa vigueur dans la paix et sur les résultats d’une décentralisation qui permettent un aspect fantasy dans la visite des différentes villes de Nu-England. En moins de deux cents pages Jean-Louis Trudel pose les bases d’un space opera et son roman conserve la forme d’une parenthèse existentielle entourée d’échos de batailles et de morts dans un univers foisonnant qui laisse une impression de densité et de richesse. La dernière partie est consacrée à une action expliquée scientifiquement qui fait écho à la scène d’ouverture, englobant un texte de science fiction exigeante et enrichie de multiples facettes.

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