
Dans L’astre aux idiots d’Alain Dartevelle, Henry Spencer passe ses vacances sur Vertor, planète sur laquelle les touristes se délassent en se moquant de la peuplade naine et bleue indigène, les noks. Ce conte moral transpose les notions d’empathie et de tolérance face à un racisme physionomique dans un contexte interplanétaire tendu.
Dans Rien qu’un peu de cendre, et une ombre portée sur un mur de Jean-Pierre Andrevon, Virginie grandit et développe un don pour faire disparaitre ce qu’elle considère comme une menace. Elle est coupée du monde, intériorise le poison de l’entropie, stressée par l’avenir de la planète, rongée par l’agressivité qui l’entoure, incarnant le désarroi d’une génération face à la guerre et à la pollution.
Dans Inutile au monde de Jacques Boireau, Jaufré est un Errant des Espaces Extérieurs qui succombe à la tentation de pénétrer pour la première fois dans la Cité. Cette fantasy médiévale ethnologique insiste sur la difficulté d’adaptation d’un homme sauvage à une civilisation inique.
Dans Le passé comme une corde autour de notre cou de Richard Canal, Jérémie est surveillant dans un camp d’internement qui reçoit lors de sa rencontre avec une prisonnière Volke une transmission télépathique à propos de son couple brisé. Cette poétique sombre illustre l’absurdité de la guerre, les conséquences néfastes de l’impérialisme et de l’ingérence symbolisée par l’étude exobiologique indigne et incapable de percer le mystère indigène.
Dans Taupe de Pierre Giuliani, Taupe est obèse et invalide, bloquée dans son buggy et à la tête d’un petit groupe de fugitifs comme elle dans le désert, sur la piste de trésors métalliques enfouis qu’elle sait renifler. Cette nouvelle post-apocalyptique à l’ambiance sombre et surréaliste montre avec ironie les limites de la tyrannie et de l’égoïsme dans des conditions extrêmes.
Dans Le vol de l’Hydre de Michel Jeury, l’enquêteur spécial Marc Dangun est chargé par l’Ordre de Raison de trouver le moyen d’éradiquer le mythe de l’hydre-avion avant que toute la population soit touchée par l’obscurantisme. Par la dérision, l’exercice de style utopique assume sa propre impossibilité et son potentiel intrinsèque de déviation, transformant la raison en religion, exaltant l’anthropocentrisme et l’éradication comme solution à tous les problèmes dans une aberration philosophique réjouissante de non-sens.
Dans La conscience du monde de Jean-Pol Rocquet, le personnel d’un satellite connecté à la Terre ressent dans son être la mort de l’espèce humaine, la famine et la guerre. Par la catastrophe écologique et humanitaire de la sécheresse en Afrique, la notion fondamentale de l’empathie et la primauté de l’espèce sur l’individu, ce texte délivre un message d’universalité.
Dans L’avortement d’Ana Thal de Daniel Walther, les lesbiennes sont persécutées pour l’utilisation d’un procédé permettant de se passer des hommes pour procréer. Cette dystopie à la fois scientifique et politique montre l’humanité cédant à l’intolérance et à la brutalité dans une noirceur insondable.
Dans Canadian Dream de Jean-Pierre April, un ethnopsychologue découvre que Jacques Cartier, au lieu de traverser l’Atlantique, a préféré se rendre au Cameroun sur les traces de gros diamants. Un statut onirique du Canada apparait à travers la magie cosmogonique et la matérialisation des idées, une certaine nostalgie historique et une compréhension de la cohabitation des peuples.
Dans La double jonction des ailes d’Esther Rochon, Trix est un inclassable qui se rend à Vuln, un monde fraichement détruit par la guerre, pour secourir les rares survivants. Trix pleure des gemmes comme il sublime la douleur et la beauté, la tristesse et la joie, le héros peut agir pour changer le monde.
Dans Le jour de la lune de Jean-François Somcynsky, Palmor est devenu roi en évinçant Sélénia, jeune héritière du trône par sa lignée, et elle a juré de revenir dix ans plus tard. Cette nouvelle d’heroic fantasy antique et magique illustre le poids de l’exercice du pouvoir et glorifie la liberté féconde de Sélénia.
Dans Pâle-Soleil de Georges Panchard, un homme en phase terminale voit le monde sombrer comme lui, témoignage intense d’une violente noirceur et constat sévère de la condition humaine.