Bihil – B. R. Bruss

Fed Leister est un agent secret qui commande une mission de renseignement dans un secteur isolé sur les traces des Troïms, peuple belliqueux à la peau verte, et des Rohrs, ethnie pacifiste qui vénère le Grand Bienfaisant.
Le contexte science-fictif d’anticipation déguise un vrai roman d’aventure qui montre un aspect de fantasy ethnologique rachitique. La narration est datée (1961) avec son phrasé rigide, le personnage de Rya unique figure féminine et sœur de Fed ne sert qu’à réveiller l’instinct protecteur du héros. Derrière le crédo de la civilisation terrienne qui consiste à maintenir la paix dans sa zone d’influence, l’histoire repose sur le fait de démasquer une religion adoptée par une peuplade à éduquer et l’entité extra-terrestre bien réelle quoique extraordinaire qui se cache derrière un statut divin, fil narratif très léger flirtant avec la caricature de la colonisation éclairée par son ancrage dans le premier degré béat. Dans la dernière partie, l’infiltration et l’espionnage tiennent lieu d’action, introduisant la prisonnière Hira Hiem comme autre présence féminine fantomatique et insipide. Ce livre est d’une linéarité qui ronronne, les étapes s’enchainent avec évidence, Fed et Rya deviennent télépathes comme une formalité, l’informatique se résume aux cartes perforées et le contenu scientifique est inexistant, le résultat étant avare de bonnes idées l’ensemble ne décolle pas. Restent des images fugaces mais puissantes de planète submergée par une vitrification, les gaz vaporisés pour inverser le processus et l’immersion des héros dans une civilisation brutale, une dictature à la référence historique limpide.

Laisser un commentaire