
Les Humains ont inventé l’ordinateur SEM pour atteindre l’immortalité sous sa protection au-delà de la réalité. Ania fait partie des humains redevenus des enfants pour fuir l’ennui et se rend compte que l’influence de Sem subit des interférences.
Cette science fiction à la limite du cyberpunk repose sur une base philosophique, métaphysique et sociopolitique, théologique et anthropologique, sous une forme de fantasy surréaliste chamarrée, de conte sur la nature humaine et de quête assombrie par la candeur et l’oubli permettant un bonheur aveugle. La métaphore religieuse met en scène un dieu qui s’éloigne dans un retrait nécessaire pour tester l’espèce humaine et Ania, figure christique enchainant les postures et redécouvrant les émotions au milieu du bac à sable de l’humanité, terreau de guerres permanentes et de souffrances suprêmes. Cette confrontation avec une liberté angoissante et la responsabilité qui découle de la révélation symbolisent l’émergence de la civilisation dans la difficulté. Le roman unie l’onirisme poétique à la gravité crue, la structure informatique de la réalité à l’irruption entropique de la course du temps dans l’affirmation de l’homme moderne et déicide, victime de l’abandon divin et orphelin maudit dans l’incertitude éthique et la mortalité insensée de l’espèce.