
Dramoclès, roi de Glorm, se rend compte après trente ans de règne totalement désinvolte que son destin sera grandiose. Il découvre des messages qu’il s’est adressé avant de faire effacer sa mémoire.
Cette science fiction prend les atours d’une fresque historique qui oscille entre pantalonnade surréaliste et quête métaphysique en jouant avec la temporalité dans la narration pour distordre la causalité, le récit légendaire avant son efficience et le mécanisme de l’auto-suggestion, dans une variation humoristique de la psychohistoire. Le mélange de théâtre et d’action géopolitique est subtil dans une ambiance rétrofuturiste et une description assez détaillée des différentes planètes et civilisations. Le système planétaire abrite des peuples qui se laissent manipuler par des dirigeants inconséquents et la satire socio-politique devient intemporelle, illustration de la faculté des hommes à se raconter des histoires et à y croire, mise en abyme de la crédulité mythopoétique. Ce roman est un vrai melting-pot littéraire, de la pochade tragique au space opera, en passant par les réalités multiples et les pouvoirs psychiques, dans une vitalité divertissante et une ironie réjouissante qui ballote la galerie de personnages névrosés si crédibles.