Un homme nommé Chaos – Jonathan Lethem

Dans une Amérique dévastée Chaos s’échappe d’une enclave, contrôlée par Kellogg et les rêves qu’il inspire aux habitants, accompagné de Melinda une jeune fille-phoque.
La situation post-apocalyptique provoque le voyage de Chaos sur les traces de son passé et de son autre identité Everett Moon, d’une femme mystérieuse et d’un ami qui lui apparaissent en songe ou grâce à des drogues. L’aventure revêt un aspect fantasy par des escales dans des enclaves à l’organisation variée selon le mode de contrôle des différentes populations. Chaos avance à reculons dans la peau d’Everett, à la découverte de ses talents psychiques, au milieu de l’amnésie et de la paranoïa émerge le thème de l’invasion extra-terrestre, la réalité est à bascule par des pouvoirs cosmogoniques, dans une quête d’identité à bâtir sur du brouillard et une ambiance pessimiste similaire à Flingue sur fond musical mais plus métaphysique, plus complexe. Le texte effleure aussi le cyberpunk sans s’y arrêter, reléguant la religion à un programme dans des robots décatis, préférant la création et les miracles quantiques des pouvoirs de l’esprit humain incarnés dans des objets ou exprimés par une distorsion des qualités physiques. L’approche profondément psychologique du roman révèle une dénonciation de la servitude et de la manipulation, un plaidoyer pour l’évolution de l’espèce humaine, la tolérance, l’autonomie, la mémoire et l’imagination.

Laisser un commentaire