Les voleurs d’organes – Dominique Brotot

Jean Oustric, ancien chirurgien, et Alan Schmidt, employé d’une entreprise de biotechnologie, sont condamnés à la prison pour espionnage industriel. Lors de leur transfert, le transport est attaqué, Jean est enlevé par un inconnu et Alan continue sa route inchangée vers sa geôle, leurs chemins se séparent mais s’enfoncent dans le monde extérieur à leur enclave privilégiée.
Cette science fiction dystopique s’applique à décrire une société d’ostracisme et de cynisme, la nature dévastée et un peuple qui s’est adapté. L’aspect spirituel et surréaliste, entre chamanisme et toxicomanie, donne une touche de fantasy d’aventure ethnologique totalement hallucinée. Au centre se retrouve Ken Wolfe le directeur de prison dans le rôle du savant fou vers lequel converge la double narration, et soudain à la moitié du livre une troisième ligne dans l’histoire surgit, se révélant être la suite de Penta par l’apparition de Greg, Marlène et Joe l’Indien qui débarquent dans une situation déjà bien complexe. C’est un roman qui ne manque pas d’ambition, d’une vivacité iconoclaste et d’une densité appréciable, récit d’un soulèvement vers la liberté dans une civilisation décrépite habité par une galerie de personnages déjantés et un esprit gore assez calme qui cède du terrain à l’horreur biologique, une ambiance trash un peu diluée dans le foisonnement narratif.

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