
La Terre est morte et l’espèce humaine part en exil sur Larkioss, planète similaire rebaptisée Terre-II. Les humanoïdes indigènes qui se rebellent sont repoussés par la force dans des grottes profondes et Nolis, né sur Larkioss de parents colons, garde le contact avec une tribu conservant avec peine ses traditions.
Partant d’une base science fictive le récit prend la forme d’une fantasy ethnologique, une anticipation qui projette la nature humaine dans ses travers historiques et illustre la manière colonialiste, parallèle relatif provenant du même radical d’intolérance et d’appropriation mais concernant une peuplade vraiment différente biologiquement. C’est l’histoire d’amour entre Nolis et Méa à la constitution différente et la perspective d’un mariage génétique qui constituent l’ancrage moral pessimiste et rétrospectif faisant le lien avec l’histoire brutale de l’humanité. Pour sa part le jeune Niaok, un vrai Larkissien des cavernes, entame une quête mystique pour la libération de son peuple dans une mythopoièse générique inspirée des religions archaïques et prophétiques d’une poésie exotique et sauvage. L’histoire met en scène une planète vivante qui sait réagir en symbiose avec ses habitants véritables dans un renversement éthique de la condition des envahisseurs en objet de rejet catégorique. Nolis a une sensation de dédoublement et expérimente l’unité qu’il forme avec Méa, Niaok se retrouve à la fois mort et vivant et le cycle des saisons trouve son avènement quantique dans un lessivage planétaire qui dissout les indésirables tueurs d’écosystèmes et les terrasse dans un mouvement principiel antagoniste de renouvellement. Ce livre déploie un exemple d’inextricabilité entre la nature et ses habitants dans un lien élastique, psychokinésique et télépathique, qui permet au biotope de plier sans rompre et de surpasser toute perturbation exogène et nocive, piège qui donne une leçon à l’humanité terrienne et à toute forme de vie arrogante.