
Dans Un emploi du temps très chargé, Irving Vermer est un flic qui utilise la machine à voyager dans le temps de son service pour assassiner sa femme adultère en toute impunité. Cette nouvelle décrit indirectement une société presque sans crimes, par son personnage principal qui semble souffrir de schizophrénie quantique, explorant la résistance de la trame aux modifications qui caractérise les uchronies, infirmant la structure discrète du temps, limitant naturellement le nombre d’embranchements dans l’enchainement des évènements, montrant la persistance de l’entropie jusqu’à un paradoxe circulaire.
Dans Les touristes, deux couplent font une croisière dans le futur, tourisme rendu possible par l’invention du Congélateur. Ils se rendent compte que le monde est dépeuplé d’humains, submergé par des cyborgs serviteurs. Au-delà du thème du voyage dans le temps, une réflexion ironique sur l’entropie et la conscience synthétique se développe dans une ambiance désespérée.
Dans 3 short-shorts, Le retour de la Méduse explore la société humaine frappée par une pétrification aux conséquences morales et artistiques, Démiurge présente l’évaluation de la Terre par l’Empire galactique et sa relation avec les machines en vue d’une adhésion, Utopie ? Impossible ! un homme visite la planète utopique de Nouveau Kataganga et découvre son imperfection.
Dans Assassin et fils, Sepharad est un monde lointain qui sert de lieu d’exil pour les criminels terriens et Joseph Goldfrank, issu d’une famille d’assassins, veut devenir prêtre d’une religion pacifique. Cette histoire de castes et de colonisation permet d’effleurer une société indigène basée sur l’heptasexualité, étouffée par les humains et leurs carcans.
Dans 102 bombes H, Charlie à 10 ans fait partie d’un camp militaire pour orphelins et gagne un concours dont le prix est un voyage à Nouveau New-York en compagnie de son instructeur. Charlie découvre l’amour et ses dons de télépathie mais aussi une communauté de ses semblables et pourtant la nature belliqueuse de l’homme persiste.
Dans Un amour envahissant, Sénèque Traquair en tant que secrétaire général de l’ONU est un des rares humains qui résistent à la religion déployant un amour universel par la prise de pilules, apportée sur Terre par un prophète extra-terrestre. Cette dystopie métaphysique montre la faiblesse théorique de l’espèce humaine au sein d’un univers qui la dépasse, une résilience qui demeure vaine.
Dans Thomas l’incrédule, Thomas Mwanga Chwa est envoyé en Ouganda, son pays natal, dans une réserve sauvage par la CIA afin d’enquêter sur la rumeur d’une découverte de l’antigravité. Cette nouvelle illustre l’antagonisme poreux entre science et magie, à la lumière de la course à la modernité et du déracinement.
Dans Casablanca, un couple de retraités en vacances au Maroc découvre qu’une attaque nucléaire a frappé les États-Unis et voit leur séjour se gâter. Cette nouvelle déconstruit brutalement l’arrogance américaine et son mépris pour les pays pauvres en faisant de ces touristes des apatrides inadaptés.
Dans Le crime d’Edwin Lollard, le procès d’un adepte de Saint François d’Assise décrit une société basée sur la nécessité de l’opulence et qui sait l’imposer dans son verdict par une cruelle ironie.
Dans La rive asiatique, John Benedict Harris débarque à Istanbul pour s’imprégner de l’Asie et étoffer sa théorie sur l’architecture. Dans l’ambiance d’un fantastique angoissant l’expérience perceptive du protagoniste devient métaphysique, dévoilant une réalité alternative et des distorsions spatio-temporelles, dans un récit complexe et abrasif.
Dans Le mécanisme du Jugement dernier, Publicité mensongère décrit les activités d’une agence de voyages qui envoie dans des simulacres de contrées exotiques des touristes américains ne souhaitant pas avoir de contact rapproché avec des étrangers, Selbstmord présente une période pendant laquelle le suicide est joyeusement devenu une mode, L’holocauste des automobiles met en scène la guerre anarchique entre voitures et piétons.
Dans Le vaillant petit grille-pain, une petite bande d’appareils électroménagers décide de quitter la résidence secondaire délaissée de leur propriétaire pour le retrouver. Cette fantasy animiste développe un discours écologiste, dénonçant la surconsommation et prônant la réparabilité avec un ton enfantin, ne poussant pas trop loin l’analogie anthropomorphique sur l’esclavagisme et l’industrie de mort, se trouvant donc adaptée à un jeune lectorat.