
Alexis est un marionnettiste qui voit ses créations dépérir et décide, après la réception d’un télégramme de son frère Yvan et sur l’invitation de l’Archonte, de pénétrer dans Krizkern la ville au fond de l’œil en pierre.
Dans une fantasy cathartique, cette quête puise sa poésie dans un symbolisme puissant et un surréalisme touffu qui découlent de la nature de cette contrée où les pouvoirs de l’esprit peuvent modeler la substance, où les individus peuvent s’oublier dans la peur et l’aveuglement, où le Cloaque rôde comme l’essence de l’entropie et de la dégénérescence. La narration fluctuante et schizophrénique installe les thèmes du double, de la filiation et de l’Art utile. Alexis se débat dans une fête foraine quantique peuplée par la certitude de la mort d’Yvan à la guerre, par l’amnésie de sa sœur Sonia confortée par Setha, mère de substitution, et par l’enfance volée des Chrysalides. C’est un livre ardu, gorgé d’une ambiance énigmatique, d’ubiquité et de versatilité, d’un vertige psychologique qui prouve que la vie est un théâtre où chacun peut trouver sa place.