Holly – Stephen King

En pleine pandémie l’agence Finders Keepers est fermée et la mère de Holly vient de décéder après avoir refusé la vaccination. Malgré tout Holly accepte d’enquêter sur la disparition de Bonnie Rae Dahl.
Stephen King fait le choix d’évacuer les enjeux d’un whodunit et de mettre en scène dès le début le vieux couple de profs retraités, Rodney et Emily Harris, ravisseurs par ruse en feignant la faiblesse physique au moment opportun. L’essentiel est ailleurs, dans le cheminement et l’approche erratique de la vérité. Pete Huntley a contracté le virus, Barbara et Jerome Robinson sont accaparés par des velléités littéraires, ce qui permet de se focaliser sur le personnage de Holly et les victimes. Les thèmes principaux sont le racisme et l’homophobie, le contexte de l’enseignement, l’alcoolisme et les références musicales forment une ambiance habituelle chez King, se concentrant ensuite sur la parentalité et l’enfance compliquées, l’atavisme religieux et, s’ancrant dans la réalité, la situation socio-politique américaine. La construction concentrique constitue un enfer pavé de bonnes intentions dans une danse entre Éros et Thanatos, une anthropophagie mentale et un vampirisme de l’élan vital. Stephen King transcende avec son savoir-faire l’absence de mystère et de surnaturel, un ancrage dans la contemporanéité de ce livre puissamment immersif, reposant sur les personnages de Holly et de Barbara, de cette histoire sous forme de spirale qui ne faiblit pas mais qui ne décolle pas vraiment à la fin, appelant surtout une suite.

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