
Bill est un paysan un peu simplet, forcé à s’engager dans l’Armée Impériale pour combattre les Schlingos à tête d’alligator.
Cette parabole futuriste est transparente au niveau socio-politique en confrontant le héros naïf à une réalité qui le dépasse, des enjeux à l’échelle de l’espèce qui lui semblent abstraits, dictés par une élite invisible. Le but de cette farce galactique est de dénoncer l’absurdité de la guerre dans un mécanisme d’aveuglement généralisé et d’escalade impérialiste. Ces aventures mouvementées mènent Bill sur Hélior, ville-planète où siège l’Empereur et centre de cette civilisation totalitaire, paranoïaque, boursouflée et ankylosée, l’occasion de se confronter à l’injustice et à l’absurdité, à l’écrasement de l’identité et la perte de repères. La question écologique fait alors surface et rejoint l’éloge philosophique de la simplicité, emblématique de l’œuvre de Clifford D. Simak, identifiant l’intelligence comme un risque et l’amour de la guerre comme le caractère d’une société non civilisée, et c’est sous la forme d’un comique surréaliste qui semble parfois improvisé et daté que Harry Harrison délivre son message anti-militariste et écologiste.