
Julien est un sculpteur spécialisé dans les pieds et les mains sous la direction du vieux maitre Aristide Bantoux. Il devient l’amant de Céline, modèle nu pour les scènes mythologiques, alors que tous les plus grands sculpteurs de Paris sont retrouvés l’un après l’autre laminés et concassés par un assassin à la force inhumaine.
Ce thriller fantastique à vocation policière repose sur l’ambiance du 19e siècle dans une longue mise en situation destinée à développer les personnages, le mystère de l’Art et son rapport à la substance. Le glauque est omniprésent, le texte lorgne du côté du thème du golem mais ne s’y fixe pas, développant cependant les obsessions concernant la terre, le sol bouleversé, la contamination, la forme donnée à la matière, la menace d’un engloutissement, la vie insufflée d’une nature cosmique et satanique, dans une ampleur mythique nocturne essentiellement créationniste. L’aspect gothique et surnaturel du récit se prolonge dans une sorte de conte lovecraftien, d’emprise d’outre-espace, avec le côté humoristique du morcellement des corps, de la division de la matière semblable à la scène du film Evil dead 3, et les images évoquées ont une visée métaphysique d’inconfort kaléidoscopique dans les différentes échelles d’existence, microcosme et macrocosme entre intériorité et hétérogénéité, entropie et réversibilité. Pour finir, ces aventures fantasmagoriques perdent un peu de leur noirceur initiale pour déployer une intention de divertissement trépidant. Cette suite spirituelle de Les Démoniaques oublie l’ouverture faite à la fin des aventures précédentes, s’éloigne du steampunk en ne gardant que la période historique, s’est débarrassé de la crudité sexuelle et finalement atténue la présence du baron Barton Hosting Shicton-Wave pour en faire un personnage secondaire.