
Dozo est un harponneur sur un navire à l’équipage rustre alors que sa promise Ki est restée sur leur ile volcanique natale dont les fondations sont subitement dévorées par un terrible Dragon, la transformant en radeau à la dérive.
Cette double narration dans un contexte nippon de fantasy ménage le mystère autour du Dragon, la vie est dure sur l’ile comme sur le bateau, les marins risquent d’être dévorés par le monstre gigantesque, les iles décapitées deviennent mouvantes, la cartographie devient impossible, l’eau douce manque et la famine menace dans l’errance forcée et la dislocation des terres, sur fond d’injustice sociale, de gigantisme mythique et de tabous religieux. Derrière un début d’histoire assez classique Serge Brussolo retrouve son thème du morcellement du territoire dans un schéma fractal et gigogne, puis à la moitié du récit il malmène la situation, incorpore un troisième personnage principal pour valider le chemin des amours contrariées, aborde la notion d’animal-véhicule, introduit des ombres vampiriques, une séquence magique de reflux spatio-temporel, toujours avec des images conceptuelles denses et impressionnantes. Malheureusement cette lecture agréable et surprenante cultive un mystère vain, la suite de ce livre n’existant pas, malgré la promesse de la dernière phrase.