La Harpe des étoiles – Johan Heliot

Les primo-humains ont créé les néo-humains qui se sont rebellés et les ont exterminé, excepté l’Abelle dernier vaisseau disparu dans les Confins. Teer-Elben est un Nomade, voyageur indépendant forcé par un commanditaire anonyme à enquêter sur des rumeurs de réapparition des primo-humains, en compagnie d’une Berserker glaciale, d’une Diaphane chipie, d’une petite bête bizarrement mignonne et d’une haut-gradée à la tête de la nef diplomatique qui les transporte.
Ce space opera sérieux se focalise sur le personnage principal et développe autour de lui un univers complexe, une culture basée sur les castes et sur un héritage technologique volé, procédé de transmission de nano-composants utilisé sans vraiment le comprendre. D’un autre côté Teer-Elben est né pour voyager, être seul et en mouvement en dehors de toute sociabilisation, cultivant un lien astral avec ses ancêtres. Le retour de l’espèce humaine originelle cinq mille ans plus tard menace le pouvoir du Maitre des Mailles. L’environnement s’installe avec un passif sous-jacent obscurément évoqué de menace et de hantise, de haine et de culpabilité à l’échelle des espèces pour qu’éclatent ensuite l’action et les révélations. L’histoire atteint une ampleur mythologique, cyberpunk et métaphysique, par l’accomplissement divin des premiers humains devenus Créateurs et maitrisant la théorie des cordes appliquée à l’ingénierie, et l’infériorité des néo-humains est à la hauteur de leur hargne à conserver le pouvoir usurpé. La construction du récit s’appuie sur des mises en abyme et une prédétermination qui jaillit de l’obscurité avec une grande vitalité, abordant les questions de devoir de mémoire et renonçant à la légèreté psychédélique commune dans le genre pour se concentrer sur une ambition universaliste.

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