Frère de démons, frère de dieux – Jack Williamson

Davey et Puce s’enfuient de la dernière enclave des préhommes, descendants des Créateurs qui ont engendré les vréhommes et les dieux, ainsi que les muthommes pour assurer leur pouvoir.
Cette histoire placée sous le signe de l’aventure allie la science fiction d’anticipation à une fantasy d’ampleur mythologique reposant sur un socle matérialiste, la technologie à la magie. La cosmogonie est génétique, la quête est ethnologique, véritable plaidoyer contre le despotisme, l’intolérance, l’extrémisme religieux et le négationnisme, avec un côté naïf et inquiétant. La portée mythique repose sur une période de mille ans, un gigantisme de taille et de pouvoirs qui instaure un déséquilibre trompeur parmi les personnages, un polythéisme concret et un créationnisme balayé par l’ingénierie génétique et le relativisme. Ce conte oscille entre un peuple oppressé et les dangereuses expérimentations scientifiques qui forment l’avenir dystopique d’une humanité perdant le contrôle de son destin, vision questionnant d’une façon brutale la notion de progrès, le divin est bien une invention de l’homme apparu avec la découverte technique de l’immortalité, les dieux arrogants sont dépassés par l’ultihomme qui ne peut utiliser ses pouvoirs qu’en réponse à une agression, garantie éthique de ne jamais dériver dans la malveillance, réponse ultime de l’évolution dans une sorte de métaphore christique.

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