
McNihil est un détective convoqué par Harrisch, cadre chez Dyna-Zauber, pour enquêter sur le meurtre d’un employé, prétexte pour l’aiguiller sur une affaire bien plus importante et le manipuler.
Ce polar sombre est totalement dans la lignée de la trilogie Dr. Adder et de Madlands, dans une ambiance proche des suites de Blade runner mais un contexte personnel, poussant le côté cyberpunk avec la mission d’un enquêteur martyrisé et poussé à affronter les périls de l’Angle, réalité virtuelle sauvage accessible via des implants. La société est basée sur le crédit, la culpabilité et l’appartenance aliénante, l’Agence de Recouvrement punit les pirates en incorporant leur conscience dans des objets usuels pour une potentielle immortalité humiliante, et en général des personnes gardent un ersatz de vie après leur mort pour continuer à rembourser leur dette, tout est sujet à la commercialisation, la finance domine le monde et ses dirigeants s’intéressent logiquement à la part de cerveau inutilisée par l’homme, en y implantant des souvenirs, des songes devenus réalité, en concevant une connectivité avec des tatouages fonctionnels, amélioration de ceux présents dans Horizon vertical, en abolissant l’espace et le temps. Jeter poursuit sa démarche, cette histoire est une parenthèse qui exprime un environnement délimité en creusant les idées de mal absolu, de dimension mythique incarnée par Harrisch et Verrity, d’inconscient collectif et de manipulation des masses. Il parvient à réunir la drogue, le sexe, le capitalisme, la dictature et l’emprise technologique qui parcourent son œuvre.