Drive-in – K. W. Jeter

Taylor prend son service de nuit à la surveillance du centre pour délinquants alors que des joueurs de l’équipe de football américain du collège vont faire la fête dans un drive-in en friche qui jouxte l’établissement. Steven a dix ans, il est forcé d’accompagner sa sœur, petite amie du quarterback. Garçon atypique, il a de sérieux troubles autistiques, aggravés par sa condition de souffre-douleur. Sur la route, il est le seul à voir rôder un homme mystérieux au volant d’une voiture sombre.
Dans la première partie, l’ambiance est presque légère et joyeuse, combinant le ridicule consternant des personnages secondaires et des fulgurances de violence froide comme des fantasmes vengeurs d’un jeune garçon traumatisé. Ensuite le glauque apparait, comme dans Terre des morts, avec la torture animale et s’épanouit dans la description d’une société malade et déliquescente, sur fond d’injustice sociale, d’addiction et de prostitution, de faillite parentale et d’exercice d’un pouvoir dérisoire, du naufrage de la jeunesse. L’homme de la nuit du titre original est l’égrégore, l’archétype réceptacle des émotions enfouies, la peur et la colère émises avec un certain talent psychique incontrôlé, dans un mécanisme réactif d’instinct de conserve, variation classique et maitrisée de la maltraitance des enfants aux conséquences sanglantes qui modifient une réalité décevante.

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