Terre des morts – K. W. Jeter

Par une magouille locale du bureau du shériff, Cooper sort de prison pour être placé sous la responsabilité des Vandervelde, un vieux dégueulasse et son fils psychopathe à la tête d’une plantation d’agrumes croulante. Il y rencontre Fay, jeune femme mystérieuse également à leur service, qui lui déclare pouvoir habiter le corps des morts.
C’est avant tout un roman d’ambiance, sale et visqueuse, variation surnaturelle psychologiquement intense par la constante paranoïa d’un homme épié qui ne veut pas retourner en prison. La narration et les thèmes sont similaires à ses premiers livres dans ce genre, plongée dans les constructions mentales du protagoniste dans un environnement déliquescent et la fascination morbide qu’exerce une femme hors du commun. Mais Jeter va encore plus loin dans le glauque, le sentiment d’emprise et de huis clos par le nombre réduit de personnages et la mise en scène d’un microcosme esclavagiste, d’une société ignoble de misogynes alcooliques détenteurs d’un pouvoir inique. Le rythme est lancinant au gré des pensées de Cooper, ses doutes et ses projections, bavardage intérieur interrompu par l’omniprésence de la sanie ou la torture animale. Le monde des morts n’est pas plus repoussant que celui des vivants immoral et répugnant.

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