Blade runner 3 – K. W. Jeter

Rick Deckard et Sarah Tyrell sont coincés dans un clapier martien pour émigrants, sorte d’Ellis Island dans l’espace, en attente d’un départ pour les étoiles lointaines. Elle est informée par d’étranges émissaires que la division obscure de la Tyrell Corporation est intacte et prête pour sa gouvernance, alors que de son côté, il se retrouve avec l’esprit de Roy Batty incorporé à une mallette qui cause sur les bras.
Le tome précédent se terminait sur une vaine trahison de Sarah et le livre originel semble bien loin, même si Isidore n’en finit pas de prendre de l’importance. L’ouverture de ce tome se fait avec une mise en abyme cinématographique savoureuse du meurtre de Dave Holden par Leon Kowalski. L’histoire se développe avec en parallèle l’existence sur Terre d’une armée dormante d’androïdes qui se pensent humains, sorte de Cheval de Troie rendu indétectable par Isidore, à disposition des insurgés dans les étoiles, et les mystères jusque là effleurés de l’expédition ratée du Salander 3 en direction du système de Proxima. Dans la droite lignée du tome précédent sont surtout développés les personnages de Deckard et de Sarah, avec plus de psychologie et moins d’action, en leur donnant de l’ampleur et de la profondeur, avec cent pages de plus qui finissent par étirer rétrospectivement le personnage de Rachael dans un symbole sous-jacent du temps, de la mémoire et de la réalité, du doute hyperbolique à l’aune ontologique de la vacuité de la conscience d’être humain. Le plan de Jeter découle directement du film et sa fin, gonflant le personnage d’Eldon Tyrell dans une folie des grandeurs aux proportions mythiques.

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