
Rick Deckard s’est retiré dans une cabane isolée et veille sur Rachael conservée dans un caisson de stase et réveillée de temps en temps pour profiter de sa courte espérance de vie. Sarah, véritable nièce d’Eldon Tyrell et son héritière, retrouve Deckard et le charge de réformer un répliquant manquant du groupe qu’il a éliminé.
Validant toute la dernière partie du film, Rachel devient Rachael un modèle différent de Priss basé sur Sarah, la fondation Rosen devient la Tyrell Corporation, Sebastian réapparait en compagnie de ses automates et s’occupe de Priss ressuscitée, mais l’ambiance paranoïaque du roman originel est aussi exploitée sur fond de complot industriel et politique. J. R. Isidore est devenu propriétaire de la clinique vétérinaire, passant du statut d’attardé à celui d’homme machiavélique et retors. Le scénario se développe avec la rencontre entre Dave Holden ressuscité et le Roy Batty humain qui a servi de modèle au répliquant militaire de série, révélant un complot nébuleux et pointant la dualité entre homme et machine, les questionnements qui taraudent la conscience de sa propre condition dans une perspective perceptive incertaine. L’héritage bâtard du roman originel et du film brouille un peu les personnages et génère des contradictions de fond, mais le choix est fait en faveur de l’action spectaculaire qui était plutôt rudimentaire chez P. K. Dick, comme pour la mort de Zhora. Cette démarche de K. W. Jeter est schizophrénique, surtout par la réapparition d’Isidore remplacé par Sebastian dans le film, mais permet de s’appuyer sur la fin ouverte du film tout en exacerbant les doutes sur l’humanité des blade runners.