
Cinq ans plus tard, Mike Tyler essaie de retrouver une vie normale, d’oublier sa participation à des meurtres rituels au sein du Groupe Wyle, une secte dont les membres formaient une entité collective psychique. Mais son ex-femme Linda réapparait, arrêtée après le rapt de leur fils Bryan qu’il croyait mort par Slide, un ancien membre de la secte.
Le récit est traversé par un passé résurgent, comme dans Le marteau de verre, centré sur la progéniture au potentiel divin du protagoniste impacté par le monde surnaturel. Dans la forme, l’ambiance polar enrichit ce thriller fantastique avec un peu moins de répétitions que dans La mante et des longueurs sauvées par les personnages secondaires, Kinross le flic à la retraite obsédé par l’affaire, Bedell l’écrivain raté et Jimmy le clochard manipulé par Slide. L’obsession pour le mal absolu et la drogue est toujours présente, qui infeste la réalité et façonne cette histoire autour d’une communauté télépathique transcendante, jouant avec le mythe de Manson. Une touche d’humour permet d’éviter une noirceur pesante et de gouter un amusement qui allège la lecture tout en restant sombre. Plus qu’une histoire de possession, elle est aussi une révélation de la réalité derrière le décor, une libération interne due à la drogue qui reconstruit les perceptions et redessine Los Angeles dans un aperçu de son destin chaotique, qui épluche le voile de l’ordinaire dans un trip chamanique alliant fantastique et horreur avec une belle maitrise dans la construction.