Instruments de mort – K. W. Jeter

R. D. Legger découvre Los Angeles, confronté sans délai au meurtre du responsable du projet Psyché initié par Strezliczek le chef du Consortium qui utilisait son père comme tueur à gages.
Jeter retrouve cette ville désertée et abandonnée à la saleté peu de temps après le cataclysme mystérieux, son protagoniste complètement paumé comme dans Dr. Adder et une galerie de personnages exubérants ici affublés de pouvoirs psychiques. La narration redevient linéaire dans une ambiance de polar paranoïaque et les personnages à l’ampleur mythique se retrouvent dans l’ombre du père et Strezliczek liés dans une suspension de la vie et de la mort. Instruments de mort est intimement lié à Dr. Adder dans cette trilogie antéchronologique, il explique la grande catastrophe qui a frappé la Californie, toute la dimension socio-politique de manipulation de masse, le désir de pouvoir d’un despote qui s’oppose à la recherche de liberté d’un peuple grouillant. Le virage dans l’histoire vers le monde psychique révèle le soubassement science-fictif de toutes ces aventures avec l’existence d’un inconscient collectif sous forme d’ondes qui permettent la garantie d’une indétermination dans le comportement des individus, son éradication ouvrirait la voie au contrôle des populations sans résistance. Ce roman est un aboutissement dans son éclairage rétrospectif qui enrichit Dr. Adder et justifie ce qui peut être perçu comme des défauts, une performance narrative qui inscrit l’unité totale des trois livres, le ruissellement parmi les trois niveaux de déliquescence dans cet univers alimenté par le chaos pour ne pas se figer.

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