Le marteau de verre – K. W. Jeter

Schuyler est devenu un pilote de contrebande dans des courses de bolides dans le désert, sous la menace de satellites militaires automatisés et retransmises dans le monde entier. Norah Endryx est chargée de produire un documentaire sur la vie passée de Schuyler à partir de ses souvenirs, de sa fuite de l’organisation religieuse Cathedra Novum à sa tentative de meurtre par Cynth une des Filles de Dieu.
Jeter retrouve son bac à sable post-cataclysmique de Phoenix à Los Angeles initié dans Dr. Adder mais se situant avant, avec sa nature hostile et sa technologie en sursis. Le texte est ici plus subtil, abandonnant la linéarité et alternant entre passé et présent pour générer profondeur et intensité en convoquant les souvenirs. Les personnages féminins sont complexes et la dimension mythique de Schuyler acquiert une résonance théologique et métaphysique par une mise à l’épreuve existentielle du pari de Pascal, une tentative d’appréhension des preuves de l’existence de Dieu dans le comportement de machines quantiques et des engrenages collectifs hasardeux menant à l’aura divine pesante de Schuyler, d’un chemin vers une révélation par le marteau de verre, pendant du Malleus Maleficarum. Ce roman sensible, par la trajectoire de son protagoniste et un lourd sentiment d’irréversibilité, est une sombre dénonciation socio-politique de la manipulation de masse, d’une société et d’une réalité manipulées qui emprisonnent et dirigent le monde.

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