Dr. Adder – K. W. Jeter

E. Allen Limmit est envoyé à Los Angeles pour rencontrer le Dr. Adder, chirurgien qui modèle les prostituées suivant les fantasmes enfouis au plus profond de la population.
La dystopie post-apocalyptique s’exprime par cette ville en ruines, envahie par les déchets, dans laquelle règnent le sexe et la drogue. La première moitié du livre se focalise sur le Dr. Adder et l’idée fondamentale de l’amputation à l’origine de l’excitation sexuelle et un système chamanique d’exploration psychique de l’espèce humaine. La description de l’environnement et la mise en situation sont brutalement stoppées par l’apparition d’une arme de cyborg dans un festival de corps pulvérisés, terreur sonique de la vaporisation biologique qui permet d’introduire Mox, l’ennemi du Dr. Adder, télévangéliste devenu fou, puni via sa pratique de ce qu’il dénonce. Les rebondissements sont permanents, les personnages et l’action prennent une ampleur mythique, de bizarreries carnavalesques et grandioses, donnant une teinte de fantasy au récit car ces aventures en partie souterraines sont une quête d’identité et de sens dans une société violente et aliénante à l’image du défilé improbable de personnages déjantés. Ce roman déploie avec excellence une vraie familiarité avec Philip K. Dick et Roger Zelazny, par son exubérance trash et paranoïaque qui illustre un message politique en dénonçant la manipulation de masse, le désir d’immortalité des mégalomanes, tout en se basant sur une idée du mal absolu et désincarné. Le roman prend la direction du cyberpunk avec la connexion homme machine et une approche de l’informatique un peu simpliste.

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