Faut pas charnier – Jacques Barberi / Yves Ramonet

Un ami chasseur de trésors du Poulpe est mort dans un accident de la route en ligne droite dans Sarajevo.
C’est une belle occasion pour délocaliser l’imbroglio habituel qui s’exprime ici parmi les ruines encore fumantes de la guerre, les ombres délabrées du titisme, des militaires serbes incontrôlables qui continuent à semer la mort et tout le ramassis néonazi classique incluant des fascistes français. La similarité est frappante avec les romans de Kââ par les séquences gore et le phrasé imagé, surtout par la présence entêtante de la femme mystérieuse qui génère la paranoïa, mais se limitant pour la gastronomie à l’amour de la bière. La parenthèse presque irréelle avec l’infirmière et les orphelins en pleine errance sauvage contrebalance l’horreur concrète. La ligne éditoriale tacite du Poulpe reprend le dessus par un dénouement plutôt heureux et un carpe diem dénué de noirceur pour passer la main à de nouvelles aventures, faisant de cette chasse au trésor mâtinée de jeu d’échec une parenthèse nerveuse dans le destin d’un héros philosophe.

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