Vous avez dit virtuel ? – Pat Cadigan

Yuki Harame se lance à la recherche de Tomoyuki Igushi en commençant par prendre contact avec Joy Flower puisqu’il désirait faire partie de son entourage très fermé. L’inspecteur Konstantin est appelée sur les lieux d’un crime et identifie Tomoyuki Igushi, la gorge tranchée alors qu’il était connecté à une simulation.
Continuant dans la veine polar cyberpunk, les deux enquêtes se déroulent dans l’univers virtuel, dans une Noo Yawk Sitty postapocalyptique, sur les traces de Tom et de Shantih Love sa dernière identité en ligne. Les deux récits entremêlés et parallèles forment un roman qui complète bien l’ensemble thématique débuté avec Les synthérétiques et Mise en abyme. Ici l’histoire est moins complexe que dans Mise en abyme, la narration reste linéaire et structurée comme dans Les synthérétiques mais avec une réalité virtuelle moins technique, déployant magie et imaginaire, faisant émerger un aspect fantasy dans ces aventures dignes d’Alice au pays des merveilles, avec un nombre de personnages toujours conséquent et cet humour reconnaissable. Ces particularités rendent le texte accessible et semblent s’adresser à un jeune lectorat avec un fond d’ambiance nippone et des préoccupations sur le genre, sur la condition des femmes et sur la maltraitance enfantine. Au-delà de l’incidence du virtuel sur le réel et de la question de la survivance de l’être dans l’immatériel, cette expérience est la double mise en abyme d’une allégorie mythologique japonaise d’un monde ravagé par un cataclysme et peuplé par une humanité en perdition, chaque monde imbriqué faisant office de vaine échappatoire dans une alliance synergique de la drogue avec la technologie. La disparition historique des vieilles civilisations est un symbole de l’influence d’un esprit occidental dominant dans cette réalité. Ce livre est une autre parenthèse dans l’univers que Pat Cadigan a imaginé, plus simple et plus court que les deux romans précédents, mais fourmillant de bonnes idées et débordant d’énergie.

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