
Dans Le corps, l’esprit d’un éminent mathématicien est transféré dans le corps d’un chien, situation humoristique de la relation inter-espèces.
Dans La foule, cette courte nouvelle force le trait de la méfiance des hommes devant le progrès et l’apparition de l’intelligence chez les machines.
Dans Le mode d’emploi, un homme aux pouvoirs télékinétiques est intégré pour la première fois à un équipage en partance pour Mars. Il propulse le vaisseau aussi loin que Saturne et la situation ne correspond plus au protocole entre sa personnalité fragile et l’hostilité contenue des autres hommes, dilemme incongru et ardu pour la rationalité.
Dans La seule chose indispensable, Arnold et Gregor partent en mission avec, pour gagner de la place dans le vaisseau, un configurateur. Cette machine complexe peut produire n’importe quoi mais ils découvrent qu’elle a développé un caractère et le caprice de ne créer un type d’objet qu’une seule fois. La métaphore de l’ouvrier surexploité et de l’avènement de la surproduction apparait sous la forme d’une énigme psychologique à résoudre. La machine en ressemblant à l’humain hérite de son inconstance.
Dans N’y touchez pas !, le capitaine Barnett, Agee et Victor sont des criminels qui s’emparent d’un vaisseau extra-terrestre sur une planète isolée et tentent de s’enfuir en laissant leur rafiot. Cette fable exobiologique se base sur l’acharnement comique dans l’erreur et l’ignorance de l’espèce humaine durant un premier contact désastreux, une parodie de cambriolage au ridicule intergalactique et une leçon d’éthique à l’échelle universelle, emplie d’ironie.
Dans Une race de guerriers, Fannia et Donnaught doivent se poser en urgence sur une planète isolée pour faire le plein de carburant et rencontrent un peuple de guerriers qui se suicident au combat dans une confrontation à un renversement des valeurs garant de la paix mais aussi énigme comportementale à résoudre pour contourner la situation de conflit.
Dans Tels que nous sommes, Maarten et son assistant Croswell atterrissent sur Durell IV pour effectuer un premier contact avec des humanoïdes proches mais assez différents pour rendre la mission périlleuse par des particularités biologiques mineures qui causent une avalanche d’incompatibilités concrètes.
Dans La suprême récompense, Hadwell est un écrivain qui se pose sur une planète habitée par un peuple affable vivant pacifiquement. Leur conception religieuse de la vie provoque un malentendu, la mort atroce d’un homme méritant étant décidée pour son salut par un prêtre. L’inversion des valeurs se situe dans l’intention, le poids des traditions et les critères éthiques, divergence qu’une histoire d’amour ne résoudra pas.
Dans Fantôme V, Arnold et Gregor sont engagés pour assainir une planète réputée hantée sur laquelle tous les colons sont étripés. Les apparitions sont le résultat d’une matérialisation des peurs enfantines provoquée par un gaz hallucinogène ambiant, ce qui apporte une touche de fantastique à la science fiction.
Dans La fin d’un peuple, Danton est poussé par son asociabilité à s’installer sur une planète déserte. Un vaisseau de colons religieux se pose sur sa planète et ils le prennent pour un autochtone sauvage. Le renversement est flamboyant d’ironie, Danton faisant l’expérience de l’oppression humaine et se heurtant à l’ignorance et au passéisme de ses congénères. Le message politique anticonformiste n’a pas besoin de convoquer des extra-terrestres pour pointer du doigt l’intolérance, l’arrogance et la paranoïa brutale des humains.
Dans Le temps des retrouvailles, Alistair Crompton est un scindé qui part à la recherche de sa libido et de son primitif sur Mars puis Vénus implantés dans des châssis androïdes. Cette quête initiatique permet au sur-moi d’être témoin de l’état du système solaire dominé par l’homme dans un safari psycho-journalistique au grès de la déliquescence de l’espèce.
Dans Les spécialisés, un vaisseau vivant dans lequel chaque fonction est assurée par une espèce spécialisée dans une parfaite symbiose perd son Poussoir en traversant un ouragan de photons. L’humain kidnappé pour le remplacer, à l’image de son espèce isolée, a oublié son rôle intrinsèque, effacé par le doute, la méfiance, la frustration et donc la guerre, occasion de faire miroiter un avenir utopique d’intégration, de collaboration et de complétude.
Dans Tu brûles !, Anders entend subitement une voix qui le guide pour acquérir une perception visuelle du monde derrière le voile des apparences et des conventions, expérience fantastique qui montre bien que la connaissance de la réalité telle qu’elle est ne peut être qu’inhumaine et désincarnée.
Dans Le retour du guerrier, Hibbs rentre chez lui à la fin de la guerre pendant laquelle ont été utilisés ses dons de télékinésie à l’efficacité terrifiante. Le thème du retour du soldat qui ne trouve que du mépris dans l’attitude de ses compatriotes est amplifié par la crise d’identité et de responsabilité qui assaille le super-héros torturé.
Dans Voulez-vous parler avec moi ?, Jackson est envoyé en mission de premier contact sur une planète, rencontre les indigènes, étudie leur dialecte mais des mots lui échappent encore. Face à une langue qui évolue en permanence, l’obsession administrative humaine ne fait pas le poids et sa rationalisation à outrance ne trouve pas de prise pour tricher.
Dans La foi, l’espérance et l’éternité, Edward Moran Archer accède aux Enfers et doit choisir entre un supplice infini et la chambre de tortures perpétuelles. Cette nouvelle est d’un fantastique froid et implacable, indépendant de toute croyance faisant de la vie après la mort une formalité.
Au-delà du côté humoristique et presque enfantin, comme par un reflet dans un miroir déformant, Robert Sheckley provoque l’improbable pour critiquer la culture humaine régressive dans un portrait inversé se basant sur l’hétérogénéité mentale et physiologique entre cultures et espèces, débordant toute tentative d’anticipation par des règles et lois.