Le seigneur des guêpes – Iain Banks

Frank, un jeune homme de 17 ans sauvage et solitaire, vit sur une petite ile écossaise avec son père au comportement perturbé et aux obsessions farfelues. Il tue des animaux pour en faire des totems protecteurs placés sur les rives de son domaine. Il découvre que son frère Eric s’est échappé de l’hôpital psychiatrique.
La froidure de la personnalité de l’adolescent est bien rendue, son goût pour la domination et la destruction transparait, exerçant la maitrise sur son territoire et voyant des signes en tout. C’est une plongée dans l’esprit d’un psychopathe, sa logique personnelle, sa paranoïa naturelle, sa détestation des femmes et les souvenirs des trois meurtres qu’il a commis. La subtilité de la narration dévoile l’horreur par strates et, au-delà de l’infirmité et de l’absence d’empathie du narrateur, l’ombre constante du frère relativise le degré de démence et de dangerosité, Frank étant plus inquiétant dans son comportement calculé et sa nécromancie que son frère dans sa folie spontanée et incontrôlable. C’est une vraie histoire de famille, dérangeante, basée sur un système de moralité totalement instable, qui révèle l’impact de l’éducation et de l’environnement sur la construction psychique des enfants. Le déroulement du roman est intelligent, centré sur un personnage principal puissant qui se dévoile derrière ses oripeaux monstrueux.

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