La promenade de l’ivrogne – Frederik Pohl

Le professeur Cornut est atteint de troubles hypnagogiques, d’une sorte de somnambulisme suicidaire au réveil ou à l’endormissement, sauvé à chaque fois in extremis par Egerd un étudiant ou par Maître Carl directeur de la résidence universitaire. Pour être surveillé efficacement, Carl conseille à Cornut de se marier et ce dernier choisit la jeune Locille dont Egerd est amoureux.
Dans son développement, cette comédie de science fiction, rappelant Ijon Tichy en moins fou mais de si peu, s’appuie sur un personnage principal novice en amour et atteint de paranoïa réflexive, un ami proche qui se réfère en permanence aux mathématiques dans une tradition qu’affectionnent Asimov et Heinlein, et une jeune femme de caractère pourtant très réceptive à l’ascendant naturel de son supérieur. La critique de la société est légère à propos du sexisme et de l’élitisme. Le surréalisme de la situation est révélé par les mathématiques dans un complot pathétique à base d’immortalité, de télépathie et de terrorisme biologique. La mise en place du récit est longue par rapport au nombre de pages mais une certaine légèreté mène allégrement à une révélation plus sérieuse sur l’évolution de l’espèce et les dérives politiques dans une vraie alliance entre fiction et science, très positive finalement, trouvant même une vertu dans l’abus d’alcool.

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